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Wilfried Houdouin et le Tarot de Marseille Edition Millennium.

Avant-propos:

Bien qu’ayant initialement accepté de se prêter au jeu de l’interview pour le « Grimoire de Mnémosyne », il a été décidé après réflexion, afin de laisser à Monsieur Wilfried Houdouin (auteur/créateur du Tarot de Marseille Edition Millennium – la redécouverte de la nature originelle du Tarot de Marseille) toute sa liberté et tout son temps pour la suite de son travail, de vous offrir avec son autorisation, l’entretien qu’il a tenu avec Enrique Enriquez (qui a également gentiment accepté) en Avril 2012. Cet entretien s’étant premièrement effectué en Anglais et étant aujourd’hui uniquement lisible dans le recueil suivant:

« EX ITENT ER » (Volume 2)

Mille mercis à ces deux hommes fort aimables et courtois, totalement dévoués à leur Art, leur Vie, leur Passion, leur Mission: le Tarot!

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Le Tarot de Marseille, contrairement à d’autres types de jeux, est multidimensionnel, en ce qui concerne à la fois sa structure et son langage symbolique, de sorte que n’importe quelle carte est ouverte à de multiples niveaux d’interprétation, tous étant analogiquement corrélés.

Une conversation avec WILFRIED HOUDOUIN

Enrique Enriquez: Commençons par une question déloyale: qu’est-ce que le tarot?

Wilfried Houdouin: Il serait trop long de présenter pleinement toutes les possibilités de ce que le Tarot est véritablement, alors pour raccourcir une longue histoire, le Tarot est à l’origine un modèle symbolique de l’Univers, étant entièrement dérivé de la stricte matrice géométrique de la Création, le modèle universel connu comme le cube de Metatron, et structuré comme l’analogue de l’ADN, le code même de toute vie sur cette planète. En tant que traducteur symbolique, il comporte les archétypes universels à l’oeuvre dans le jeu de la vie, ou, comme un jeu du Quattrocento proche du Tarot appelé, le  « Jeu du Gouvernement du Monde » (pour être lié à l’ancien concept Grec de l’Arkhe , le Tarot étant en effet d’origine Indo-Grecque). En tant que tel, le Tarot est un traducteur symbolique universel, ou un décodeur, agissant comme un instrument universel de la connaissance, comme l’Ancien a réalisé quelques règles de principes limitées régissant toutes choses, dans leurs différents états et degrés, ou niveaux. Ici, il est essentiel de préciser que seul le Tarot communément appelé « Tarot de Marseille » est entièrement conçu en fonction de cette structure archétypale. Le Tarot (de Marseille), incarne en fait l’arbre de la Vie, ou logos universel (système de langage en Grec, pour être bref). Le nom Tarot dérive en effet du mot antique « Taru », qui, en Sumérien signifie « retour » (la roue, ou Ouroboros), et en Sanskrit « arbre, plante, herbe », l’image de l’arbre s’appliquant ici autant à la structure ramifiée de l’univers (fractale et cybernétique), vue dans son ensemble, comprenant celle de la langue parlée, ou la raison, elle-même. D’un certain point de vue, le Tarot est donc un programme, ou logiciel, fait de cartes. Tous ces sujets sont examinés en détail dans mon livre « Le Code sacré du Tarot – la redécouverte de la nature originelle du Tarot de Marseille ». Le grand linguiste Américain David Vine travaille actuellement sur quelques traductions pour faire une offre aux éditeurs Américains, et avec de la chance le livre sera bientôt disponible dans cette langue.

EE: Cet ADN est-il présent dans tous les tarots ou est-ce une caractéristique de ce que nous appelons Tarots de « Marseille »?

WH: La structure analogue à l’ADN du Tarot concerne le jeu de 78 cartes seulement, historiquement désignés comme le « paquet Vénitien ». La démonstration de cela peut être trouvée dans mon livre dans la note 13 du chapitre VI, pages 207-8. Maintenant, seul le Tarot de Marseille de type II, qui est à la fois structurellement et graphiquement précisément conçu selon la matrice de la géométrie sacrée, est en fait analogue à l’ADN, comme ce dernier est également entièrement «conçu» selon la géométrie sacrée, comme cela a été démontré par de nombreux savants, ses nombres clés et la géométrie correspondant précisément à ceux des Tarots de Marseille comme je le démontre pour la première fois dans mon livre, grâce à mes redécouvertes. Je crois que le 56 cartes du jeu et d’autres types dérivent aussi de l’ADN, mais à un moindre degré, à la fois structurellement et symboliquement. Comme la relation du Tarot de Marseille à l’ADN et l’évolution va plus loin, car il ne s’agit pas simplement structurellement et géométriquement que le Tarot de Marseille correspond précisément à l’ADN, mais aussi par ses symboles très archétypaux concernant l’évolution, à la fois génétiquement, biologiquement et spirituellement. En effet, par exemple, les quatre couleurs du Tarot de Marseille se rapportent graphiquement des quatre espèces majeures qui se sont d’abord développées sur Terre , aussi bien en ce qu’elles concernent analogiquement pour le corps humain, et les quatre forces universelles de la physique. En fait, la relation entre le jeu de cartes et l’ADN, mais aussi comme un modèle analogique symbolique de l’Univers, justifie et donne la meilleure explication pourquoi l’humanité a toujours été fascinée par les cartes, le Tarot et des systèmes divinatoires anciens, comme le Yi-King par exemple , dont la relation à l’ADN a été démontrée par ailleurs par des savants tels que Fritjof Capra (le Tao de la physique). Toute l’étendue de la relation entre le Tarot de Marseille et l’ADN n’est pas abordée dans mon premier livre, mais ,je l’espère, dans une publication future. Encore une fois, avec de la chance mon livre sera publié en Anglais assez rapidement. Sinon, je vais moi-même traduire ma démonstration, et l’ajouter dans la section FAQ du site Web 

I LE BATELEVR SPIRALE-OR

EE: Je suis un grand fan de Jean-Pierre Brisset. Dans son livre «La science de Dieu ou La création de l’ homme» il déploie des arguments homophoniques, des jeux de mots assimilables (à la langue des oiseaux).
Quand vous dites que le mot « TarotT vient du mot Sumérien « Taru », utilisez-vous un argument homophonique, semblable à ceux déployés par Brisset?

WH: En fait, concernant le mot « Taru » comme véritable étymologie du mot « Tarot », j’ai suivis le fil, à partir de l’étymologie Arabe communément acceptée, concernant le mot « Turuq » (pluriel de « Tarika »: la méthode, le chemin) jusqu’au mot Italien « Tarocco », et le mot Allemand « Tarock ». En effet, comme les Arabes sont crédités pour avoir importé les cartes en Europe, cette relation est logique. Mais suivant le fil reliant le Tarot à l’Est, j’ai découvert le mot « Thattarikawas », un mot Sanskrit de première importance, qui signifie « passeur », au sens de « sauveur », le ferry (ou la navette) étant d’ailleurs la signification du mot Sanscrit « Tari », concernant le symbolisme traditionnel de la navette, dont le symbolisme religieux et cosmologique est discuté en détail dans mon livre. Mais « Tarika » et « Tari », ainsi que d’autres termes connexes tels que « Tarun » (« rester jeune », comme perpétuellement régénéré), « Tara » ( « sauveur », « passeur » ou « passeuse » pour être plus précis, « la navette »), « Tarana ( » vague », « flot »,…), dérivent tous du mot racine « Taru » (« arbre », « plante », « herbe ») lié à toutes les significations ci-dessus en vertu de la relation analogique entre l’Arbre Universel et en particulier son aspect cosmologique, le métier à tisser de l’univers, le flux cosmique universel, etc. Il serait trop long de développer cet ancien symbolisme, et assez complexe à communiquer ici, mais là encore, il est présenté longuement dans mon livre, l’extraordinaire connaissance cosmologique actuelle des Anciens, transportée au travers des allégories mythologiques, étant fabuleuse. Mais la relation entre « Tarot » et « Taru » est devenue évidente pour moi à la lumière de mes redécouvertes de la structure originelle du Tarot, comme l’aspect dynamique et multidimensionnel ultime de la matrice du Tarot (le Tarot de Marseille étant multidimensionnel, comme je vais le démontrer dans le futur) est le vortex toroïdal, qui est en fait l’arbre «réel» de la Vie, comme démontré dans mon livre avec beaucoup de graphiques et de références au symbolisme traditionnel et la cosmologie. D’ailleurs, le mot « Taru » (prononcé « taroo », si proche de « Taro » (le deuxième « t » étant complémentaire, résultant du cercle complet de la croix du tétragramme du mot « Taro »). La relation entre les deux, à la lumière de ce qui est présenté dans mon livre, est tout simplement indéniable. D’ailleurs, le mot « Taru » a des significations complémentaires et cohérentes en Sumérien (« retour »), Thrace (« lance », « fait de bois » et le symbole de l’axis mundi), Maori (« plante », »graine »), Finlandais (« la légende », « mythe »), Estonien (« ruche », « nid d’abeille », relativement à l’hexagone, la forme de la matrice de la géométrie sacrée), etc. Quoi qu’il en soit, la relation entre le Tarot de Marseille et l’Inde (et Scytho-Grec lié à la mythologie de l’Hyperborée) est tellement évident, comme on le verra dans mon livre ( davantage dans mon prochain livre sur le symbolisme traditionnel des Arcanes du Tarot de Marseille), et la relation symbolique et structurelle entre le Tarot et l’Arbre de Vie si évidente, qu’à mon sens, le fait que le mot « Taru » soit la véritable étymologie du mot « Tarot » ne fait absolument aucun doute.

EE: D’un point de vue purement poétique, c’était beau. Je vois que vous faites usage de la pensée analogique, autant que Brisset l’a fait, et je me demande dans quelle mesure vous sentez que cette pensée analogique est présente dans le tarot. Cette Géométrie Sacrée est-elle quelque chose qu’un imagier utiliserait pour faire de «meilleures» images, ou est-ce quelque chose que toute personne pourrait utiliser pour construire une vie «meilleure»? Y a-t-il une connexion analogique entre la Vie et le Tarot ?

WH: L’analogie est la clé même de la connaissance que les Anciens initiés possédaient, et dans une certaine mesure, nous commençons seulement à comprendre. Comme nous ne pouvons certainement pas tout savoir, encore, par le biais de l’analogie et du symbolisme, ce qui est un très bon moyen, nous pouvons en quelque sorte tout saisir et comprendre, quant à la façon dont il s’intègre et se rapporte au grand schéma des choses, les mêmes principes universels sous-tendent toutes choses. Ce qui est si beau avec la pensée analogique, c’est qu’elle n’implique pas seulement l’intellect, mais aussi l’intuition, le cœur et l’âme. Les Anciens ont compris que le microcosme et le macrocosme sont la même chose, l’Homme étant considéré comme la quintessence même de l’Univers, debout en son centre comme le « grand symbole des Mystères », comme Manly P. Hall l’a dit. Une fois ces principes archétypaux et leurs articulations complexes codifiés, à la fois structurellement et graphiquement, un instrument universel de la connaissance est fourni. J’explique dans mon livre comment le Tarot est réellement venu à la vie, cette connaissance sacrée, issue d’un passé très lointain, ayant été défini en partie par Pythagore, après l’avoir reçu des Druides et des prêtres Egyptiens, par Platon, puis par les néo-pythagoriciens et néo-platoniciens d’Alexandrie, où les grands esprits de l’époque se rencontraient, en provenance des quatre coins de la Terre, assimilant l’ancienne connaissance de l’Est grâce à Alexandre le Grand, définissant éventuellement le fondement même d’un modèle intelligible unifié du monde. A partir de ces grandes avancées, à travers une chaîne longue et ininterrompue d’initiés qui ont reçus et transmis cette connaissance, jusqu’aux Maîtres Bâtisseurs de Cathédrales du XIe au XIVe siècle en Europe, le Tarot de Marseille est finalement venu à la vie, sa version «de type II» constituant la dernière, et peut-être le plus complet héritage philosophique des Anciens. Maintenant, la géométrie sacrée est en effet la clé même de tout cela, comme l’univers entier est déterminé ou régi par ses archétypes limités mais toujours infiniment combinés, dont les expressions englobent à la fois les côtés physiques et métaphysiques de l’existence. Il est très clair maintenant que l’assimilation, ou la simple contemplation des modèles de la géométrie sacrée harmonise nos vies, à différents niveaux. En outre, il est très connu aujourd’hui que des plans de la géométrie sacrée permettent de produire des modèles les plus exquis, et que son utilisation dans l’art, comme la peinture et la musique, l’architecture, mais aussi dans la médecine, les sciences, la mécanique, etc, génère des conceptions maintenant la vie et la conscience. Il suffit de regarder de près une fleur, prenez le temps de la sentir, et vous vous rendrez compte combien la géométrie, la vie, la beauté et la conscience se rencontrent effectivement … Quant à la relation analogique entre la vie et le Tarot de Marseille, qui peut être considéré comme véritable « jeu de la vie « , comme je l’ai discuté dans ma deuxième réponse, elle est absolue!

I LE BATELEVR GEOMETRIE

EE: La pensée analogique semblent être à la base de la plupart des opérations magiques: l’idée de Contagio contagium et Similia similibus curantur peuvent à la fois être liées aux tropes de la métaphore et de la métonymie. Vous mentionnez quelque chose d’important: la pensée analogique pourrait contourner le raisonnement intellectuel. Je suis très intéressé par ce sujet. Le lien entre les objets qui partagent certaines qualités formelles devient une forme de «vérité» et cette vérité peut l’emporter sur les produits de la raison, mais le fait que nous pouvons tracer une analogie entre deux objets ne signifie pas nécessairement que la connexion est réellement là . Par exemple, aujourd’hui nous chérissons le travail de Brisset comme une sorte de pré-surréalisme poétique, mais nous voyons ses conclusions actuelles comme erronées. Donc, en dehors du domaine poétique, comment pouvons-nous être certains que nos analogies sont correctes? N’est-ce pas un peu risqué de supposer qu’elles sont des vérités absolues? A quel niveau cela importe-t-il réellement?

WH: En fait, la métaphore, la métonymie et les associations libres d’idées, comme celles de Jean-Pierre Brisset, doivent être distinguées de l’analogie dans le sens philosophique du terme. En fait, l’analogie est généralement désignée comme de simples ressemblances et comparaisons, et dans une certaine mesure, se rapporte à l’empirisme en quelque sorte. Au contraire, dans la philosophie traditionnelle , l’analogie procède de la métaphysique, reliant les choses selon les principes ou les archétypes universels sous-jacents. Ainsi, l’analogie ne relie pas uniquement aux pensées associatives , mais à des concepts précis. Dans la philosophie Grecque antique, l’analogie ne peut être dissociée de l’initiation et des enseignements des universaux. Une fois les fondements métaphysiques intégrés, alors l’imagination peut contourner l’intellect pur, et la raison peut rejoindre la poésie, la liberté de pensée et de symbolisme, encore débattues avec les vérités universelles. Tout comme la musique! En effet, un bon musicien connaît parfaitement ses gammes , et les différentes règles , mais à ce propos tout cela est effectivement intégré (digéré, assimilé), puis effectuer de la musique devient jouer de la musique, librement et de manière ordonnée et harmonieuse, l’harmonie étant l’un des significations du mot « cosmos » (avec « ordre ») selon Pythagore. Ce type de pensée analogique concerne donc dynamiquement les deux hémisphères du cerveau, le rationnel et l’intuitif, mais, encore une fois, l’intuition guidée par des règles sous-jacentes. Nous touchons ici au cœur même de tout cela, car c’est précisément ce qui concerne le Tarot (de Marseille)! Je dis souvent, comme j’aime à le faire, que le Tarot est le Maître, et que tout est intégré en son sein, de sorte que du très profond de nous-mêmes, notre arbre interne est réorganisé, étant formé par le langage codifié du Tarot de Marseille, comme logos pur. Mais pour ce faire, nous devons comprendre et accepter le Tarot, ou tout autre système philosophique traditionnel, comme un Maître (qui analogiquement, concerne le codage des données, le décodage et l’enregistrement de notre ère numérique, mais plus encore, à la matrice holographique), comprenant que ce maître est en fait notre Moi Supérieur, la structure et l’articulation du Tarot étant la nôtre, et c’est la beauté de la chose, de l’Univers entier. Chaque carte du Tarot de Marseille, analogiquement, se rapporte donc également à l’aspect non-humain des règles de la manifestation universelle, englobant (voir la couverture de mon livre) à la fois le macrocosme et le microcosme, le tout étant Un, unité dynamique. Donc, pour répondre à vos questions, nous pouvons dire que l’analogie occasionnelle ou formelle libre est bien, mais chaque fois qu’il est nécessaire d’atteindre des hauteurs philosophiques (scientifiques), l’analogie ne peut être dissociée de la métaphysique et des systèmes de connaissances traditionnelles qui s’y rattachent, tels que le Tarot de Marseille, le Yi-King, les Runes, l’astrologie, l’alphabet hébreu, la géomancie, etc. C’est seulement alors que notre esprit est guidé en toute sécurité, et ne s’éloigne pas dans le vague et l’irréel, s’évanouissant éventuellement en « puffs » de fumées plus rien ne restant. À ce stade, il est important de définir précisément ce qu’analogie signifie vraiment. L’analogie est un mot Grec qui se décompose comme suit: « ana »: « de bas en haut », « de gauche à droite », « de l’arrière vers l’avant » (c’est-à- dire en fonction de la croix en 3D, l’axis mundi), et « logos »: « la langue », « système », »raison », »discussion »… Donc, le principe de l’analogie procède d’un examen approfondi des objets sur différents niveaux et éventuellement différents états, mais testant toujours les relations en matière de principes universels intelligibles, comme étant liés à un cadre. Donc, il se rapporte à nouveau à l’Arbre Universel de la Vie, l’axis mundi , cadre et trame de l’univers, à la fois physique et métaphysique, constitue le maître même de pensées et de réflexions. Maintenant, il n’y a rien de tel que la «vérité absolue», les vérités étant toujours relatives, et les choses étant toujours prises en compte et «réalisées» par le biais de la pensée projective et dynamique. Cela implique que l’analogie fonctionne réellement sur différents niveaux ou degrés, d’une forme libre de l’imagination à la philosophie et la métaphysique comme science pure, de sorte que nous pouvons en effet considérer la pensée associative poétique comme analogie, mais fonctionnant à un niveau précis. Par conséquent, ce qui implique que l’analogie poétique ne peut pas être considérée comme inférieure à l’analogie philosophique dans le sens absolu, mais uniquement relativement, en gardant à l’esprit que l’imagination libre capture souvent des vérités de terrains plus élevés!

EE: Vous abordez des sujets qui sont très chers pour moi, comme l’étymologie et la pensée visuelle ou analogique. L’analogie joue certainement un rôle fondamental sur la façon dont la représentation visuelle devient une forme de pensée créatrice. Un des exemples les plus frappants de ce phénomène est l’histoire de la façon dont l’intuition de August Kekulé, sur la forme circulaire de la molécule de benzène, lui est venue d’un rêve, dans lequel il a vu l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Je suis très intéressé par ce lien entre la pensée analogique et le langage visuel. Le Tarot semble un outil idéal pour contourner nos moyens intellectuels de raisonnement, afin que nous puissions arriver à des éclairages inattendus à l’aide d’arguments visuels (analogiques). Pourquoi ne pas m’en dire davantage sur votre Tarot. Qu’avez-vous fait? De quelle façon votre Tarot de Marseille Edition Millennium est une amélioration sur les Tarots Marseille déjà existants?

WH: Je connaissais l’histoire d’August Kekulé, qu’il est tout à fait pertinent de rapporter ici, et il est vrai que l’on peut avoir des intuitions inattendues par le biais des graphiques multidimensionnels du Tarot de Marseille, les séquences de cartes étant examinées en fonction de situations et de sentiments précis. Maintenant, je suis heureux que vous posiez ces deux questions, car en effet, en plus du livre, il est essentiel pour moi d’expliquer et de justifier mon travail en ce qui concerne les cartes. Pour raccourcie une longue, longue histoire, l’histoire commence quand j’ai décidé de tout tirer au clair sur le Tarot de Marseille quand, à l’automne 1998, le Tarot de Marseille Camoin/Jodorowsky a été réalisé. Comme j’étais très déçu et troublé par ce jeu, que je n’aurais jamais acheté si Jodorowsky n’y était pas associé, comme je l’aimais beaucoup et ai suivi et assisté chaque semaine son « Cabaret Mystique  » de 1993 à 1996. En effet, juste en regardant le jeu, j’ai réalisé qu’il était entaché. Pourtant, je l’ai acheté, et m’y suis en quelque sorte habitué avec le temps, car il «révélait» supposément des motifs perdus des anciens Tarots de Marseille. En fait, il a fourni un nouvel élan, mais me troublait en même temps, comme j’ai étudié et utilisé le Tarot de Marseille de Paul Marteau comme base quotidienne depuis 1990. Donc, plus que jamais auparavant, la question concernant le véritable canon du Tarot de Marseille a été soulevée, question que je ne pouvais plus ignorer. A partir de ce moment, en tant qu’infographiste professionnel, j’ai décidé de faire mes propres recherches, trouver le canon d’origine, et réaliser les bonnes cartes moi-même, car je n’aurait pu trouver le repos tant que je n’aurais pas un jeu auquel je pourrais finalement faire entièrement confiance. Puis à l’été 1999, je suis allé camper seul dans le « Wiltshire » en Angleterre, pour visiter les lieux sacrés de la région. J’ai passé des moments extraordinaires avec de grands chercheurs comme je plantai ma tente au « Barge Inn » à « Pewsey », à une demi-heure de « Avebury » et « Silbury Hill », qui sont quelques-uns des endroits les plus puissants que j’ai jamais visité. Puis, avec un groupe , nous avons visité Stonehenge et fait une méditation de groupe le soir de l’éclipse totale, le 11 août. Des choses étonnantes se sont produites, comme je prononçais le «Om», une sorte de vibration étonnante a résonné en moi, et j’ai eu des visions de l’Ether, dans lequel des volumes géométriques comme le dodécaèdre étoilé et l’étoile tétraèdre. J’ai été stupéfait et définitivement régénéré par cette expérience, nettoyé de nombreux blocs négatifs, me rendant compte que Stonehenge était une véritable technologie ancienne qui, comme un résonateur, est un véritable « Stargate » (porte des étoiles). Par ailleurs, Stonehenge, comme je l’ai découvert bien des années après, a été construit exactement sur le même plan que le Tarot de Marseille, dans la mesure où il a été entouré de 56 pierres, l’hexagramme définissant la partie centrale, cette géométrie étant, comme je le démontre dans mon livre, la matrice même du numéro 22, de sorte que vous avez, dans la configuration antique de Stonehenge: 22+56=78. Après avoir discuté de mes visions avec un de mes ami chercheur (June Mewhort, auteur du « labyrinthe spirituel », 1992), elle m’a remis un livre extraordinaire par Richard Dannelley (Sedona: Beyond the Vortex, 1995) qui présente tous les fondamentaux concernant la géométrie sacrée, parmi lesquels, le cube de Metatron, popularisé à l’origine par Drunvalo Melchizedek. Tout cela m’a remué au plus profond de mon psychisme. Puis, plus tard, quelque part en Décembre 2000, j’ai réalisé que le Cube de Metatron était en fait la matrice même des cartes du Tarot de Marseille! A cette époque , je ne le réalisais que concernant le graphisme des cartes, et c’est tard, étape par étape , que j’ai découvert que cette matrice même, celle de l’Univers tout entier, déterminait en fait chacun et tous les aspects du Tarot de Marseille, à la fois graphique, structurel et métaphysique. La démonstration complète peut être trouvée dans mon livre. Pendant tout ce temps j’ai recueilli des scans et des photos de jeux historiques, et en 2007, j’ai rencontré Yves Reynaud (avec qui j’ai réalisé le fac-similé du Tarot de Pierre Madenié 1709) qui a effectué des voyages afin de compléter cette collection. Parmi tous les jeux qu’Yves a recueillis, se trouvait le Tarot de Pierre Madenié 1709 (recommandé par notre ami japonais Kenji Ishimatsu), qui, je l’ai découvert progressivement, a été la meilleure source que nous avions à l’égard de l’original du canon Type II. La liste complète des jeux qui ont servi de modèles prototypes est dans mon livre, ainsi que dans le livret du jeu, qui est lisible à la fois en Français et en Anglais. Il était clair à partir de cette collection de jeux historiques que tous étaient plus ou moins imparfaits, et étaient plus ou moins des copies décadentes de prototypes plus anciens, malheureusement perdus. Pourtant, assez était préservé pour définir de façon satisfaisante le canon originel de type II, de sorte que la restitution de cet ancien canon était en effet possible, grâce au jeu sculpté par un maître inconnu, republiée (avec des couleurs erronées) par Paul Marteau en 1930, ce jeu intégrant effectivement des marqueurs géométriques, en plus d’être incroyablement précis et pur géométriquement (plus dans mon livre sur ce point). J’ai donc travaillé sur cette restauration pendant plus de 7 ans et j’ai terminé en 2009 (pour le 300e anniversaire de Pierre Madenié 1709!), après avoir pris soin d’être le moins personnel que possible, et de rendre un jeu -le Tarot de Marseille Edition Millennium- qui pourrait être invoqué comme modèle effectif sur lequel pouvoir compter en toute sécurité, enfin! Heureusement, Yves Reynaud, qui m’a rendu visite où je vivais à Marseille sur base hebdomadaire depuis 2007, peut témoigner du sérieux de mon travail, et de comment j’ai recommencé quand j’ai réalisé que je me trompais. Pour en savoir plus sur mon travail, encore une fois, j’invite le lecteur à lire mon livre, et le livret du jeu, et visiter le site Web. Outre la restitution du canon d’origine du Tarot de Marseille de type II autant qu’il est possible aujourd’hui, l’amélioration de ce jeu repose sur la régénération géométrique pure des cartes, dont j’ai découvert l’origine entièrement conçue par la géométrie sacrée, au point que les graphismes sont en fait fractals, générés par la matrice de la géométrie sacrée du cube de Metatron, qui correspond en fait à la projection orthogonale de l’hypercube, comme le prouvent les livres de mathématiques. En outre, également par le moyen de la matrice de géométrie, j’ai découvert que les icônes des cartes avaient été réduites, ou (dé)coupées par la démultiplication des cadres, en supprimant certains des graphismes originaux sur les bords. Ainsi, avec beaucoup de logique et un peu d’imagination, et avec quelques-uns des jeux historiques moins altérés sur ce sujet (comme les Tarots de Jacques Viéville-1650 et François Héri-1718), j’ai régénéré les parties manquantes. Bien sûr, je ne prétends pas que j’ai régénéré les cartes comme elles étaient à l’origine précisément, mais c’est, je crois, la meilleure et la plus saine interprétation que nous avons maintenant, en tenant compte des meilleurs prototypes historiques à portée de main. En outre, plus important encore, j’ai découvert que deux arcanes majeurs (et un mineur, le II de deniers ) sont en fait reflétés en miroir dans la plupart des jeux historiques de type II connus. Ce sont les cartes de « LAMOVREVX », carte numéro « VI » et la carte numéro « XIII ». Ce point est abordé dans la section FAQ du site Web, et une démonstration complète que ces trois cartes sont remises dans leur orientation originale dans le Tarot de Marseille Edition Millennium sera présentée dans mon prochain livre, ou lors d’une conférence à venir si on me le demande. Je peux assurer aux lecteurs que mes démonstrations sont saines, et que je n’aurais jamais fait ça si je n’étais pas absolument sûr à ce sujet. Maintenant, cet effort pour récupérer le canon d’origine du Tarot de Marseille, c’est que comme un programme, le jeu doit nécessairement être précis et « branché » afin de fonctionner correctement. Autrement, vous manquez beaucoup de choses, et l’analogie ne peut fonctionner pleinement, les résonances harmoniques étant d’ailleurs entravées. Pour se rappeler que la matrice et les harmoniques du Tarot de Marseille (avec la structure articulée) sont celles de la vie et celle de notre ADN! Évidemment, il ne peut pas fonctionner pleinement, et nous ne pouvons pas nous relier pleinement avec elle si elle est imparfaite à un niveau ou un autre.

STELLA ROTA

EE:  Je voudrais connaître vos raisons de choisir de travailler avec un Tarot de type II au lieu d’un Tarot de type I.

WH:  En fait, le type II est tout simplement le seul, à l’égard de la vraie nature du Tarot de Marseille, comme ce modèle, à la différence des jeux de type I connus, est précisément graphiquement conçu dans le respect total de la matrice de la géométrie sacrée, qui, encore une fois, sous-tend tous les aspects du Tarot de Marseille. Le problème avec le Tarot de Marseille de type I, c’est que malheureusement, nous n’avons que très peu de jeux restant, et tous, à mon point de vue, contrairement aux copies de type II, sont des copies fortement dégradées de jeux plus anciens, le plus ancien prototype connu d’entre eux étant les cartes du Sforzesco Castello qui ont été trouvées au fond d’un puits. Typique de la Renaissance (en particulier en ce qui concerne la carte « XXI LE MONDE »), ce jeu est certainement, à mon sens, une adaptation stylisée de prototypes plus anciens. En effet, je crois que les principales caractéristiques des jeux de type I remontent certainement aux XII-XIIIe siècle, et le type II, comme je le démontre dans l’introduction de mon livre ainsi que dans le livret du Tarot de Marseille Edition Millennium, quelque part autour de 1380, 1450 étant la toute dernière période. Maintenant, si le type I n’est pas archétypal comme le type II, encore une fois, certaines de ses caractéristiques, comme la camisole de force (carcan) de la carte « XII LE PENDV », ou les yeux sur le corps de la carte « XV LE DIABLE« , se rapportent certainement à l’ancien modèle authentique. Ce qui est frustrant, c’est que pour l’instant, nous ne savons pas comment le jeu de type I aurait pu être dans sa première période, prioritaire sur l’époque de la Renaissance et sa dégradation ultérieure iconographique supposée, qui, il est important de tordre le cou à cette idée, le type II n’a pas souffert, ou si peu pour certains jeux (le Pierre Madenié 1709). Donc, encore une fois, le type II, bien que les modèles les plus connus ont peut-être perdu quelques éléments anciens qui auraient pu être présents dans plus ancien jeux de type II, est le plus parfait, et donc, efficace comme un instrument philosophique de la connaissance. Par ailleurs, les jeux de type I ne sont pas graphiquement et géométriquement précis du tout, et nous pouvons sentir qu’il manque la précision et l’intégrité du type II. En ce qui concerne mes redécouverte sur la nature originelle du Tarot de Marseille, le type II est sans aucun doute son modèle très archétypal, le plus universel, et, comme tel, le seul modèle fiable en ce qui concerne sa conception philosophique originale, comme on le verra dans mon livre. Maintenant, si nous considérons le Tarot de Marseille comme un programme, même si le type I, dans ses grandes lignes , est antérieur au type II, nous pouvons comprendre que le type II est préférable, comme par analogie, la première version d’un programme, ou logiciel , n’est jamais la plus complète! Ainsi, le modèle type II peut être considéré comme une version perfectionnée à l’égard de ce que le Tarot de Marseille est vraiment, c’est-à- dire , un instrument par excellence de la connaissance. Maintenant, encore une fois, il est possible qu’un jeu de type I, précis en ce qui concerne la géométrie et le caractère archétypal, a réellement existé avant le type II, mais malheureusement,nous pourrions ne jamais le savoir. Donc, il est également possible que l’ancienne version de type II, mis au point tel qu’il est (le Pierre Madenié 1709 étant le meilleur modèle à l’égard du canon iconographique), présentait à l’origine des yeux sur les genoux de la carte « XV LE DIABLE » (et un visage sur son ventre) , bien que j’en doute. Cependant, j’ai refusé de créer un jeu hybride (même si j’ai créé une version alternative de « XV LE DIABLE » avec les yeux et le visage sur le ventre, que j’ai réalisée inappropriée , car cela contredisait l’encodage symbolique du type II, comme le visage sur le ventre est, en toute transparence au sein de la matrice géométrique, celui du personnage central de la carte « VI LAMOVREVX » et que le modèle du ventre se réfère à la «mine» de l’alchimiste), et j’ai décidé de me consacrer à produire une restitution très précise, aussi impersonnelle que possible, du canon du Tarot de Marseille de type II, fidèle aux prototypes historiques, restituant certains détails et pièces manquantes. La seule exception apparente à cette règle est le « ruban d’Anjou» de la carte « XX LE IVGEMENT » que j’ai restauré, mais je démontre dans la section FAQ du site Web que c’était sans aucun doute à la première place dans ce modèle. Il était donc essentiel de le rétablir, car son remplacement par un épais nuage vaporeux a modifié considérablement le code symbolique original du jeu.

XII LE PENDV – XV LE DIABLE et XX LE IVGEMENT

 « Tarot de Marseille Edition Millennium (Wilfried Houdouin) »

En passant,…si nous avions des interviews sur ce sujet avec de grandes figures du passé tels que Court de Gébelin, Eliphas Lévi, Papus, Oswald Wirth, Joseph Maxwell, etc, ce serait tout simplement fantastique!

EE:  Jean-Claude Flornoy avait l’habitude de dire que nous ne travaillons pas sur les images, mais que les images travaillent sur nous. Nous ne les faisons pas, elles nous font. Je suis récemment arrivé à la même idée dans un documentaire sur le peintre Gerhard Richter: ce n’est pas le peintre  qui «fait» la peinture, mais la réalisation d’une peinture qui construit le peintre. Jean-Claude a dit qu’il comprenait le Tarot en le copiant. C’est quelque chose que j’ai toujours trouvé beau, comme j’ai toujours senti qu’il parlait d’une tradition dans la fabrication d’images qui ne pouvait être comprise qu’à travers l’artisanat. Curieusement, quand il l’a fait, il a en fait copié un Tarot de Marseille de type II, celui de Nicolas Conver. Mais quand il a décidé de restituer certains jeux historiques, il a choisi de travailler sur les jeux de Jean Noblet et de Jean Dodal, qui se trouvent être des exemples de Tarots de Marseille type de type I. En fait, il pensait que quelque chose avait été perdu dans la transition entre le motif de type I et celui de type II. Je ne veux pas que vous soyez dans le besoin de débattre des idées de Jean-Claude, mais voici ce que je voudrais savoir: disons que je regarde votre Tarot de Marseille Edition Millennium au lieu de, disons, celui de Jean Noblet. Que-ce qui serait différent en termes de mon expérience? Votre travail semble être une question de précision. Serait-il possible pour vous de me dire de quelle manière précise mon expérience du Tarot sera renforcée par votre jeu? De quelle manière ces images me « construiraient»?

WH:  Tout d’abord, en ce qui concerne les Tarots de Marseille de type I contre ceux de type II, il n’y a en fait rien de perdu dans la transition, car ces deux types (parmi d’autres) ont tardivement co-existé. En fait, le Jean Dodal 1701 et le Jean-Pierre Payen 1713, classés dans la catégorie de type I, sont clairement d’une origine Italienne plus tardive du XVIe-XVIIe siècle, alors que le « type II » est principalement Germanique et Français (et Vénitien), et remonte du XIVe au milieu du XVe siècle. Il n’y a en réalité pas de continuité ou de discontinuité entre ces derniers. En effet, il est évident que certaines caractéristiques de ces cartes peuvent remonter au XIIe-XIIIe siècle (comme prototypes, dans le vrai sens du mot, ont certainement existé, avant la version perfectionnée connue comme le « type II » du Tarot de Marseille), et ont été conservés jusqu’au XVIe-XVIIe. Pour le Tarot de Jean Noblet, dans ma compréhension, son canon se rapporte à un lignage secondaire, plutôt profane et ignorant, à l’égard de la tradition ésotérique du Tarot, et étant d’ailleurs bien implanté en son temps, contrairement au modèle de type II qui est en quelque sorte « hors du temps ». Mais Jean- Claude Flornoy a absolument raison de dire que les images travaillent sur nous, et construisent l’artiste, et ce faisant, il fait écho à ce que Tchalaï Unger (une des femmes à qui mon livre est dédié) a déclaré dans un livret fantastique pour le jeu de Paul Marteau du Grimaud publié de 1981 à mi-1990, en ce qui concerne les icônes mêmes du Tarot de Marseille de type II. Cela nous amène à la question présente, car en effet le Tarot de Marseille « type II » (guillemets ajoutés parce que cette classification est arbitraire et illusoire, voir l’introduction de mon livre et le livret de mon Tarot de Marseille Edition Millennium), nous informe dans le sens très logique du mot, chaque carte déterminant les archétypes universels en jeu dans le « jeu de la vie ». J’invite le lecteur à voir mon livre et à visiter le site Web, présentant un couple de pages affichant des cartes du Tarot de Marseille dans la matrice de la géométrie sacrée, et présentant la nature cosmologique même du Tarot de Marseille de « type II ». Ici, il y a quelque chose au travail qui va au-delà des images elles-mêmes, qui se rapporte à l’ensemble du jeu comme un concept métaphysique conscient et précisément élaboré, faisant écho aux logos universel lui-même. Ainsi, lorsque vous appréhendez les cartes, en particulier celles du Tarot de Marseille Edition Millennium, en raison de son canon traditionnel restauré, et à cause de sa pureté géométrique (créé en géométrie fractale pure dans Adobe Illustrator, un programme de vecteurs graphiques- un jeu historique du XVIIIe siècle démontre d’ailleurs que les icônes ont en effet été conçues de cette façon, en premier lieu-), l’un étant réellement harmoniquement et analogiquement en interaction avec la construction et l’articulation mêmes de votre être, se reconnectant à l’intelligence supérieure à l’œuvre dans l’univers, octroyant une nouvelle prise de conscience de soi-même. L’ancien concept de participation (à l’ordre universel) est ici essentielle. Harmoniquement, le Tarot de Marseille « type II » nous ré-harmonise comme il nous reconnecte à l’Arbre universel même de la Vie, les cartes présentant les facettes archétypales de l’expérience et de l’évolution humaine (et universelle). Ainsi, le Tarot de Marseille « type II » procède certainement d’un «modèle intelligent», pas au sens théologique religieux du terme cependant, le Tarot de Marseille étant, comme j’aime à le dire, transculturel et méta-religieux. Encore une fois, le Tarot de Marseille (« type II » à partir de maintenant) est un Maître, qui nous instruit, mais seulement si nous sommes attentifs, à l’écoute de notre voix intérieure, et décidés à l’élaborer afin de recevoir ses enseignements, lorsque nous décidons de jouer le jeu!

EE :  Je comprends que vous ayez décidé de conserver les «anciens» noms des Atouts, où le « V » remplace le « U » et le « I » remplace le « J », entre autres particularités. Dans quelle mesure l’étymologie est-elle importante pour votre travail? Dans quelle mesure pourrions-nous dire que nommer une image la modifie?

WH:  Les noms des cartes du Tarot de Marseille ont en effet été précisément définis, avec une orthographe et un lettrage précis que tous les Tarots de Marseille, ayant conservés un canon cohérent , partagent. Ce n’est qu’à partir du milieu du XVIIIe siècle que, selon la mode humaniste, les lettres « V » et « I » ont été effectivement remplacées par le « U » et le « J », respectivement. Seulement les cartes « VI LAMOVREVX » et « XVI LA MAISON DIEV » ont conservé, pour des raisons inconnues, leur lettrage exact, poussant certains chercheurs à croire en l’existence d’un code numérique pour ces deux cartes seulement, les conduisant à de nombreuses spéculations qui reposent, malheureusement, sur des bases erronées. Le Tarot de Marseille Edition Millennium, pour sa part, a restauré intégralement, outre le canon structurel et iconographique, l’appellation traditionnelle de toutes les cartes. Ainsi, des combinaisons créatives à la fois des noms et des numéros des cartes peuvent effectivement se produire. Celles-ci permettent plusieurs niveaux d’interprétation en raison de l’homonymie (linguistique, le mot ayant une prononciation similaire et/ou sous forme écrite identique à une autre, mais d’un autre sens), la paronymie (en linguistique, un mot présentant , en regard d’un autre, une certaine analogie phonétique, mais ayant un sens différent), ou par paronomase (en rhétorique , procédé consistant à utiliser deux ou plusieurs paronymes). Par ailleurs, et il est très pertinent de le souligner ici, à travers l’hétéroglossie (linguistiquement, la pluralité de sens qu’une déclaration spécifique peut avoir), il est possible de lire les mots en utilisant des transpositions phonétiques d’une langue à l’autre. Par exemple, la carte LE MAT (communément appelé le Fou -the fool- en Anglais ), est caractéristique de cela. En effet, le mot « mat » signifie «mort» en Persan, « embrouiller », « natte », « terne », ou « tresse » en Anglais, « nourriture » en Suédois , « bon » en Breton, « faible » en Allemand, « terne» et «crépuscule» en Vietnamien, « terne », »mat » et « arbre » en Français, etc. Un seul mot ou une partie du nom peuvent donc avoir le sens de plusieurs autres, permettant plusieurs niveaux de compréhension, selon l’approche spécifique des séquences de cartes au moment de la lecture. Par exemple, la dernière partie du nom de la carte « X LA ROVE DE FORTVNE » peut être lue comme « oud » pour « tune », le « oud » étant un type de guitare Arabe, le Sphinx de cette carte étant d’ailleurs apparenté à un Djinn, ou en arabe Genii, et des roues étant parfois utilisées dans le cadre de certains instruments de musique. Par ces possibilités infinies, l’absence d’apostrophes et  parfois même l’absence de séparation entre le nom et son article (cartes III, VII et XVII:  LIMPERATRISE, LECHARIOR, LESTOILLE…) trouve toute sa justification. En conséquence, les éditions étrangères du Tarot de Marseille qui traduisent le nom d’origine (Français) de chaque carte dans une autre langue est une grave erreur, qui simplement ruine l’encodage d’origine et l’intégrité des cartes, celles-ci étant rétrogradées à une seule et définitive signification rationnelle. En effet, le Tarot de Marseille, contrairement à d’autres types de jeux, est multidimensionnel, en ce qui concerne à la fois sa structure et son langage symbolique, de sorte que n’importe quelle carte est ouverte à de multiples niveaux d’interprétation, toutes étant analogiquement corrélées. Un parfait exemple de cela est l’Arcane « XVI LA MAISON DIEV » (La Tour -The Tower- en Anglais, qui serait plus précisément traduite par «The God House »). En effet, sur le plan exotérique (symbolique populaire), la boule de feu est en fait une comète. Mais, en passant devant la tour, le Tarot montre qu’elle est, sur le plan ésotérique, autre chose aussi, comme une épée de feu par exemple… Comme cette carte se rapporte également à la chute de l’Atlantide au fond de la mer (les bulles colorées flottant correspondant alors aux couleurs dissoutes de la tour), il est également possible d’y voir une méduse, ce qui n’est pas une idée stupide, comme cette créature, étant translucide et gracieusement flottante dans l’éther, se rapporte symboliquement au monde de l’esprit , auxquelles la comète et l’épée se rapporte symboliquement aussi, et que les vêtements du personnage de gauche évoquent un poisson avec sa queue… Donc, nous bouclons la boucle, avec une infinité de relations analogiques, chaque carte figurant un archétype qui exprime « le monde réel » dans l’infini, encore corrélés, conditions et niveaux. Avec le Tarot de Marseille, nous traitons vraiment avec la science traditionnelle pure, et non pas avec quelque chose produit de notre imagination. Pour revenir aux noms des cartes, la relation combinatoire infinie qui existe entre elles produit des jeux phonétiques avec de multiples niveaux de signification. Pour donner un exemple, la carte « VII LECHARIOR » devenu « VII LE CHARIOT », altérant l’intégrité de la carte considérablement, car en effet, selon la «langue des oiseaux», « VII LECHARIOR » peut être entendu comme [VII LE] Charié OR ou « charrie (transporte) de l’or », un soc de charrue. C’est effectivement pertinent pour cette carte symboliquement liée à la constellation de la Charrue, aujourd’hui connue sous le nom Ursa Minor, composée de 7 étoiles, et tournant autour de l’étoile polaire qui est assimilée à la « huitième sphère », considéré comme le centre de la roue céleste, demeure du divin (à laquelle l’or est associé), et celle du Roi du Monde, qui, en Inde, est le Chakravarti, Celui qui fait tourner la roue de la Manifestation universelle, tout en restant toujours au centre. Un autre exemple est « XVII LESTOILLE », qui est devenue « XVII L’ETOILE ». Ici, le nom d’origine est d’une importance capitale, non seulement pour comprendre vraiment le symbolisme traditionnel de cette carte, mais aussi parce que ce nom même est un des éléments qui donne une indication quant à l’origine du Tarot de Marseille, et la période de temps pendant laquelle il a été conçu à l’origine . En effet, selon « Le Dictionnaire historique de la langue française » (préparé sous la direction d’Alain Rey, Ed. Le Robert, 2006) cet ancien mot provençal était dans l’usage familier précisément entre 1380 et la fin du XVe siècle, le mot « étoile » norme Française l’ayant entièrement supplanté au début du XVIe siècle. En outre, ce mot provençal signifie, en un seul et même temps, « étoile », « étoile de mer » et « pupille de l’oeil ». En fait, ces définitions se rapportent précisément à la géométrie sacrée, en particulier au Pentagramme avec son nombre d’or, et au «Sceau de Salomon» (qui, au sein de la Fleur de Vie, révèle « l’oeil de Dieu »), ou l’hexagramme, l’idéogramme même de la matrice de la Création, qui, comme vous le savez tous maintenant, est la matrice même du Tarot de Marseille. Plus d’informations concernant la dénomination traditionnelle des cartes du Tarot de Marseille et leurs modifications au fil du temps est sont fournies dans le livret du Tarot de Marseille Edition Millennium (en Français et en Anglais), et dans mon livre, « Le code sacré du Tarot -la redécouverte de la nature originelle du Tarot de Marseille-, qui est uniquement en Français à ce jour, mais probablement bientôt en Anglais, et qui, je viens de l’apprendre, sera publié au Brésil d’ici l’automne 2012, début 2013.

EE:  Une dernière question: que faites-vous de cette phrase?

« Le Tarot contient de 22 lames ses leçons »
« Le Tarot qu’on tient, devin de lames, c’est le son »

WH:  Je pense que vous l’avez. Libre est le vent, tout comme le souffle et les carillons de l’Esprit.
Avec le Tarot comme guide et instrument, laissez-le jouer avec le langage divin de la création, portes ouvertes aux Mystères et merveilles sans fin… Alors, comme nourriture pour l’âme, le corps et l’esprit, je dirais: « Le Tarot contient de vin de l’âme sel et son ».

New York-France, Avril 2012.

Vous pouvez bien évidemment vous procurer le livre et le jeu, ici, dans la boutique de l’auteur/créateur, parcourir le site web de l’auteur/créateur et pourquoi pas lire également, sur le forum de son ami Laurent Edouard, la présentation du travail de l’auteur/créateur par lui-même… et regarder cette vidéo de présentation!